Elle ne cherchait pas la lumière ; pourtant toutes celles et tous ceux qui ont eu la chance de la côtoyer évoquent son énergie et son rayonnement et en gardent un souvenir lumineux.
Grande serviteure de la collectivité, socialiste combative, courageuse et indépendante, Silvia Iuorio s’est éteinte à la veille de l’été, peu avant ses 60 ans.
Celles et ceux qui lui ont rendu hommage décrivent son père comme protecteur et bienveillant, sa mère comme forte et courageuse. Silvia avait fait la parfaite synthèse de ces qualités et a profondément marqué celles et ceux qui l’ont connue.
Née à La Chaux-de-Fonds le 30 septembre 1966, Silvia part à l’âge de 9 ans au pays de ses parents, dans le climat caractérisé alors par les initiatives xénophobes des années 70, avant de revenir et de poursuivre ses études dans notre canton. Cet épisode nourrira sa conscience politique et son engagement constant en faveur des plus fragiles.
Économiste et collaboratrice personnelle de Francis Matthey au début des années 1990, elle inspire la réforme de l’action sociale, celle de la péréquation financière et contribue aux programmes de redressement financier de l’État.
Après un an au service du Parlement fédéral, elle revient en 1998 comme secrétaire générale du Département de la justice, de la santé et de la sécurité aux côtés de Monika Dusong. Elle y est chargée de la résolution de la crise du domaine carcéral, s’engage en faveur des conditions de détention et de réinsertion des détenus ainsi que des conditions de travail du personnel pénitentiaire. Elle accompagne aussi une réforme hospitalière.
Elle met ensuite ses compétences au service de la direction de Pro Senectute Arc jurassien, de la Fondation Foyer-Handicap (Genève), puis du Département de l’instruction publique à Genève, avant de s’engager pour la Ville de Genève. Au Musée d’art et d’histoire, elle se soucie notamment des conditions de travail du personnel de sécurité. Finalement, elle s’engage au Service des pompes funèbres, cimetières et crématoire, soucieuse du sens de ses prestations pour la population.
Toutes celles et tous ceux qui ont eu le privilège de partager un bout de son trop court chemin soulignent son intelligence et sa vivacité d’esprit, des qualités intellectuelles dont elle disait elle-même qu’elles n’avaient de sens qu’au service de l’intelligence du cœur. Silvia a également marqué par sa capacité à transformer les organisations, par son profond attachement au service public ainsi que par son écoute et son empathie. Des qualités associées à un esprit indépendant et opiniâtre, à sa résistance et à son courage, pour mener une action généreuse et offrir des perspectives à celles et ceux que notre société rend trop souvent invisibles. En apparence réservée, Silvia était en fait généreuse dans l’action ; elle l’était aussi dans ses relations.
Engagés simultanément au sein de la section chaux-de-fonnière du PS, nous avons aussi partagé au début des années 1990 nos premières expériences de la fonction publique cantonale. Au-delà de ses nombreuses qualités rappelées ci-devant, je conserve encore de Silvia la mémoire de sa sincérité et de son sens de l’humour, pointu mais toujours bienveillant.
Avec son départ disparaissent une stature imposante, un regard vif et aiguisé et une attention, sincère et permanente, à l’autre et aux plus fragiles. Elle était une source d’inspiration. Son énergie et son aura lui survivront, tant elle a marqué celles et ceux qui se sont enrichi·es à son contact.
Si la famille socialiste a perdu une camarade sincère, nous mesurons combien cette personnalité généreuse doit manquer à ses proches. Nos pensées émues et solidaires les accompagnent.