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Relancer le nucléaire, c’est freiner la transition énergétique

Le Parlement fédéral a décidé de rouvrir la porte à la construction de nouvelles centrales nucléaires en Suisse, en acceptant le contre-projet du Conseil fédéral à l’initiative « Stop au blackout » de l’UDC – un contre-projet qui n’est rien d’autre qu’un copié-collé de l’initiative, mais permet de passer par-dessus les procédures démocratiques. C’est pourquoi nous soutenons sans réserve le référendum lancé pour que la population tranche sur ce choix déterminant pour notre avenir énergétique.

Les débats sous la Coupole ont d’abord révélé un problème de méthode. La décision a été prise sans analyse sérieuse du financement de nouvelles centrales : la majorité bourgeoise a refusé d’attendre des chiffres consolidés avant de voter un tel changement de cap. Il s’agit pourtant de projets pouvant coûter plusieurs dizaines de milliards : la population a le droit de connaître la facture avant de s’y engager.

L’actualité, elle, contredit déjà le discours pro-nucléaire porté au Parlement. Cet été encore, la centrale de Beznau a dû réduire sa production, l’eau de l’Aar étant trop chaude pour la refroidir sans mettre en péril l’écosystème du fleuve. Paradoxe saisissant : au moment où certains présentent le nucléaire comme la réponse au climat, le dérèglement climatique perturbe déjà nos centrales.

De plus, le nucléaire ne répond en aucun cas à l’urgence. Une nouvelle centrale ne produirait pas le moindre kilowattheure avant vingt ans au minimum. Or c’est maintenant qu’il faut sortir des fossiles et réduire nos émissions. Chaque année compte ; le nucléaire fait perdre un temps que nous n’avons pas.

C’est là que ce retour devient dangereux pour la transition. Les moyens financiers ne sont pas illimités : chaque milliard englouti dans d’hypothétiques centrales manquera à la production d’énergies renouvelables, à leur stockage et à l’efficacité énergétique. Promettre du nucléaire pour 2045 en freinant les renouvelables aujourd’hui, c’est risquer de devoir recourir davantage au pétrole et au gaz – au moment où il faut justement s’en affranchir.

Le nucléaire ne garantit pas non plus l’indépendance énergétique. La Suisse ne possède pas d’uranium : tout le combustible doit être importé et une partie de la chaîne d’approvisionnement reste liée à la Russie ou au Kazakhstan. Remplacer une dépendance au gaz par une dépendance à l’uranium, ce n’est pas gagner en souveraineté.

La véritable indépendance énergétique consiste à mobiliser les ressources dont nous disposons ici : le soleil, l’eau, le vent, en misant sur les toits, les infrastructures existantes et l’innovation locale.

À cela s’ajoutent des risques que les débats parlementaires n’ont pas assez pris au sérieux : des coûts qui explosent, le risque d’accident et la question non résolue des déchets radioactifs, laissés en héritage aux générations futures.

Le vrai choix n’est donc pas entre le nucléaire et le blackout, quoi qu’en disent les partisans de cette énergie. Il est entre immobiliser des dizaines de milliards dans une technologie lente et dépendante de l’étranger ou accélérer la transition vers un système renouvelable, décentralisé et résilient, ancré dans nos régions.

Il y a moins de dix ans, la population suisse a choisi démocratiquement la sortie du nucléaire. Avec ce référendum, elle doit pouvoir confirmer ce choix. Le PS neuchâtelois s’engage pleinement dans cette campagne, convaincu qu’un avenir sûr ne se construit pas avec de nouveaux réacteurs. Face au réchauffement climatique, il n’y a plus vingt ans à perdre.

Relancer le nucléaire, c’est freiner la transition énergétique

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