NO
Article du point
Non à la baisse des salaires et à une attaque inacceptable contre la démocratie !

La droite parlementaire fédérale est créative en matière d’attaques contre les salarié·es. La révision de la LECCT[i] le prouve une nouvelle fois. Après avoir combattu les salaires minimaux dans les urnes, dans les parlements et devant le Tribunal fédéral, la droite attaque maintenant leur application.

Le principe ? Un salaire minimum cantonal ou communal s’applique sauf si les salarié·es sont au bénéfice d’une convention collective de travail (CCT) de force obligatoire. Dans ce cas, les salaires de la CCT priment même s’ils sont inférieurs.

Une attaque sur plusieurs angles
La révision proposée remet en cause plusieurs principes. Les salaires minimaux cantonaux et communaux visent à assurer un revenu de subsistance et s’intègrent dans la politique sociale, qui est de compétence cantonale et communale. En admettant que certaines CCT dérogent aux salaires minimaux, on accepte que le minimum vital ne soit pas le même pour tout le monde. Ce sont évidemment les domaines les plus précarisés, souvent dans les services et employant majoritairement des femmes qui sont touchés.

La démocratie est elle aussi attaquée. Les salaires minimaux ont été acceptés par le peuple ou ses représentant·es. Cette volonté populaire, la droite fédérale n’en a cure ; c’est totalement inacceptable.

La droite prétend vouloir donner la priorité au partenariat social. Or elle dépose motion sur motion au Parlement pour attaquer les CCT ou les syndicats. Sa volonté n’est donc pas de préserver le partenariat social mais bien de faire baisser les coûts et les salaires ! Cette réalité est illustrée par la phrase prononcée en 2025 par Roland Müller, directeur de l’Union patronale suisse : « Un salaire décent n’est pas la responsabilité des employeurs. »

Un outil qui a fait ses preuves
Dès les premières initiatives pour des salaires minimaux, le patronat et la droite nous ont prédit une catastrophe économique. Or les faits ne leur ont pas donné raison. À Neuchâtel, le salaire minimum introduit en 2017, après 3 ans de procédure devant le Tribunal fédéral, n’a engendré aucune catastrophe. Au contraire, il a permis de réduire le nombre de working poor et contribué à la baisse de l’aide sociale. Dans le même temps, l’économie cantonale a connu des années florissantes. Même constat à Genève, qui a un salaire minimum absolu depuis 2023. Les villes de Zurich, Winterthur et Lucerne ont aussi accepté un salaire minimum. Contesté devant les tribunaux, il a été confirmé par le Tribunal fédéral en mai 2026. Mais le réalisme et le bon sens se heurtent ici aux dogmes : le Parlement a décidé, le 19 juin, de confirmer cette révision inique de la LECCT.  

Ce que cela change pour les lieux avec salaire minimum
Dans une parodie de compromis, le Parlement a « admis » que les cantons/communes ayant un salaire minimum absolu pourraient le conserver, mais sans indexation future. Le salaire horaire neuchâtelois fixé en 2014 était à CHF 20. Après indexation (pour éviter la perte liée à l’inflation), il est aujourd’hui à CHF 21.35. Un salaire déjà bas, qui ne doit pas être dévalorisé ni arrêté pour toujours. L’accepter, c’est accepter qu’à terme le salaire minimum perde son effet.

En résumé, cette révision est une attaque contre les salarié·es, surtout les plus précarisé·es, contre les femmes et les migrant·es, surreprésenté·es dans ces franges de salaire, contre la démocratie et contre le fédéralisme. Les syndicats et la gauche ont lancé le référendum le 1er juillet. Il s’agira d’être uni·es pour lutter contre cette fronde inacceptable et pour la préservation de la dignité des travailleurs et travailleuses ! 


[i] Loi fédérale permettant d’étendre le champ d’application de la convention collective de travail. 

Non à la baisse des salaires et à une attaque inacceptable contre la démocratie !

NOUS UTILISONS DES COOKIES

En poursuivant votre navigation sur notre site vous consentez à l’utilisation de cookies. Les cookies nous permettent d'analyser le trafic et d’affiner les contenus mis à votre disposition sur nos supports numériques.