Comme de coutume, la session de juin a été principalement consacrée aux comptes. Avec cette année en prime un référendum cantonal concernant le salaire minimum.
Défendre le salaire minimum, mais aussi la démocratie et le fédéralisme
Grâce à l’engagement des forces de gauche, le peuple neuchâtelois acceptait en 2011 d’inscrire le salaire minimum dans la Constitution cantonale. Comme décrit par Silvia dans ce numéro du Point, l’application de cette mesure est aujourd’hui menacée par les manœuvres de la droite au Parlement fédéral.
Au vu des résultats positifs obtenus à Neuchâtel, l’enjeu pour la droite au niveau fédéral est clair : il s’agit d’empêcher que cette mesure dangereusement sociale ne gagne peu à peu du terrain…
Face à cette attaque, le Grand Conseil a décidé de lancer un référendum cantonal, en complément de celui annoncé par les syndicats. Notre démarche repose sur deux principes fondamentaux. D’une part, le peuple neuchâtelois est souverain : il s’est prononcé en faveur du salaire minimum et il n’est pas acceptable qu’un accord entre partenaires privés, comme une CCT, puisse primer sur un principe inscrit dans la Constitution. D’autre part, le Tribunal fédéral a reconnu la compétence du Canton de Neuchâtel pour légiférer en la matière.
La proposition a été acceptée par le Grand Conseil grâce aux voix de la gauche, rejointes par celles du groupe vert’libéral. Il faudrait désormais que sept autres cantons se joignent à la démarche… autant vous dire qu’il est prudent de récolter des signatures pour le référendum syndical !
Transformer le bénéfice comptable en bénéfice social – affaire à suivre
Saisir clairement l’état des finances d’une collectivité publique n’est pas toujours aisé. En raison des mécanismes à l’œuvre, dont notamment l’alimentation de réserves, le bénéfice affiché (celui dont il est question dans les médias) ne peut être considéré comme un reflet réaliste de la situation financière. À l’occasion des comptes 2025, très largement acceptés par le Grand Conseil, voici quelques considérations pour aller plus loin…
Depuis plusieurs années, les comptes affichent un résultat largement positif, une fois retranchés les effets liés aux mécanismes comptables. Ce qui atteste de la bonne santé financière de l’État, dont les réserves sont largement dotées (voire, pour certaines, pleines). Ces résultats sont systématiquement meilleurs que ceux escomptés dans le cadre des budgets, et à plus forte raison encore des planifications financières à long terme. Quelques exemples :
En soi, il s’agit de bonnes nouvelles ! Nous regrettons néanmoins que les bénéfices s’accumulent année après année alors que les défis sont si nombreux, notamment en matière sociale et écologique.
C’est pourquoi le groupe socialiste et ses alliés souhaitaient qu’une part du bénéfice de l’exercice 2025 soit versée à un fonds d’aide aux plus précaires, alors que le taux de pauvreté au sein de la population augmente. Il n’a pas été possible de rallier une majorité à cette proposition, mise de côté pour des raisons techniques… mais nous reviendrons !